Bon, il y a deux genres de star international féminine... Celles qui sortent un album et qui en écoulent entre 250 000 et 280 000 en une semaine (Mickey Circus, Lady Gaga, Katy Perry...). Et puis celles qui sortent un album sans promo, et qui en écoulent 830 000 en trois jours. OK, cette catégorie ne comporte qu'une seule personne : Beyoncé, a.k.a. Queen Bey.

Beyoncé est donc la reine. Reine de la pop. Reine du rythme. Reine des chorégraphies. Mais aussi reine du plagiat. Ce dont elle se fout royalement, ou plutôt reinalement. Elle sample des sons (comme ceux de Major Lazer), elle plagie des chorégraphies, elle pompe des idées...  Du coup, lorsqu'elle a sorti ses dix-sept vidéos en même temps que son album, le vendredi 13 décembre, j'étais à l'affût. Et je n'ai pas été déçu : Beyoncé avait encore tout plagié. Sauf que cette fois, pour éviter les procès, elle s'est plagiée elle-même. L'argent n'a pas d'odeur et la pop n'a pas de mémoire, donc petit retour rapide. 

1) Drunk in love

Premier clip en noir et blanc, sur la plage, où Mrs. Carter (oui, oui, l'apôtre du féminisme) se prélasse sur le sable. Le son est bon, les chorés très chouettes. Mais, dommage, Beyoncé s'est largement inspirée d'une artiste plus ancienne, à savoir Beyoncé "il y a dix ans". Avec Sean Paul, en 2003, il avait fait le tube Baby Boy dont la fin ressemble très très fort à "Drunk in love", sans même rappeler que l'un des premiers morceaux de Jay-Z avec sa chérie s'appelait Crazy in love. On sent qu'elle commence à souffrir du syndrome Rihanna : ne pas arriver à utiliser plus de 100 mots par chanson

2003 !

2013 ! Quelle révolution !

(bon en même temps, je suis mauvaise langue, tout est différent : elle a un soutif différent, et elle s'est coupée les cheveux. En dix ans, c'est déjà pas mal. Et puis je suis vilain, car c'est moi qui ai mis le clip de 2003 en noir et blanc).

2) XO

Bon d'accord, là, il y a petit peu de nouveautés. C'est bien pompé sur le côté Hipster / MIA / polaroïd / Instagramm. Il y a tout : les potes gay-friendly, l'hommage à Avril Lavigne, l'ambiance sympathique de la fête foraine de Coney Island (sans le grand concours du plus gros mangeur de saucisses qui existe vraiment à Coney Island), les petits enfants qui dansent ("c'est trop miggggnnoooooonnnnn") et le pitch assez simple : la Reine de la pop (re)vient dans la rue pour aller digger des chorés et parler au peuple. Pourquoi elle se présente pas aux primaires du parti démocrate à la place d'Ophrah, d'ailleurs ? Ceci dit, je ne vois pas bien la différence du clip avec celui de Cheers (Drink to that) de Riri. Tiens, d'ailleurs, il y a Avril Lavigne dans le clip de Rihanna (@1:07). Ok, il y a moins d'alcool. Ah ben non, en fait, c'est le même clip. 

Certains peuvent se payer une vraie Avril Lavigne. D'autres non.

3) Yonce

Dans ce clip, Beyoncé insère un petit côté "Nicky Minaj Chic" (je sais, c'est un concept difficile à imaginer, qui consiste à avoir des grosses fesses, à les assumer, et à danser sur des trucs avec des basses bien lentes, comme ici). Elle se permet même un petit côté Lady Gaga à partir de 1'45'', pour les lunettes tout du moins. Mais dans l'ensemble, elle n'hésite pas à piquer l'atmosphère "danse de rue" à son propre clip Crazy in Love, sorti en 2003. Ok, c'est encore plus pornographique (Mickey Circus a mis la barre un peu bas depuis), mais bon dans l'ensemble, c'est un très bon pastiche en mode MILF de son propre travail d'adolescente.

4) Tous les autres...

 Dans Blue, elle s'installe sur le créneau Whitney Houston / Maria Carey, bien niais, avec un clip en mode Major Lazer/Snoop Dogg. Dans Flawless, à grand coup d'esthétique Riot Girrrl, elle tente un baroud pour concurrencer le Rude Boy de Rihanna et le Ditto Head de Slayer en même temps (si, si...). Dans Partition, c'est un brin de She Wolf de Shakira, avec une touche de Pussycat Girl, un soupçon de Britney Spears et de Dita von Teese. Dans Pretty Hurts, c'est du Katy Perry ; dans Superpower, c'est du Kanye West ; dans Haunted, c'est du Janelle Monàe/Stromae/Spoek Mathambo, dans Rocket, c'est du Alicia Keys/Mickey Circus/Rihanna... et ainsi de suite. Vous l'aurez compris. Beyoncé n'a plus besoin de concurrencer qui que ce soit ; elle devient qui elle veut. Elle s'installe sur tous les segments, et elle le fait mieux que les autres. Elle se pique même des idées à elle-même. Elle boit comme Pink. Elle s'habille en hippie comme Ke$ha. Elle grossit comme Christina Aguilera. Elle maigrit comme Nicole Richie. Elle fait du girl power comme Katy Perry. Elle a des manteaux de fourrure comme J.-Lo. Elle montre ses fesses comme tout le monde.

Voilà. Plus besoin de vous faire chi*r à acheter d'autres CD., à regarder d'autres clips, vous avez TOUTE la pop mondiale dans un seul disque. Cela soulève tout de même une grande question. Qu'est-ce qu'on va faire quand il n'y aura plus que Beyoncé ? Et qui pourra-t-elle plagier alors, à part elle-même ?